Notre Dame de Colombier

 

Description

Emplacement

Situé aux confins du Minervois, entre la montage d’Alaric et l’Aude, le petit village de Montbrun étage ses maisons sur les derniers contreforts des Corbières. Face à lui, en direction du nord, dominant les champs de vignes qui l’entourent, se dresse la chapelle de Notre Dame de Colombiers, fidèle gardienne d’un vieux cimetière.

Signification du nom

Dans la tradition catholique ‘Notre Dame’ est le nom le plus connu entre les noms familiers pour la sainte Vierge Marie, la mère de Jésus Christ. ‘Colombier’ littéralement a la double signification de ‘pigeonnier’ et ‘foyer parentale’. Dans tous les deux sens ‘Colombier’ se réfère à la légende, qui est lié au nom de la chapelle : ainsi la colombe que le foyer parentale y jouent une rôle.

Description de la chapelle

Il s’agit d’une chapelle romane dont l’ensemble est construite au XI siècle et le porche en XII siècle.

Le village appelé « le lion » situé sur la route de Moux fut déserté lors de la guerre de Cent ans et dont les villageois se seraient réfugiés à la chapelle paroissiale et son presbytère. D’après les archives vaticanes, une église « écclésia de Montbruno » est mentionnée en 1351. L’ampleur de l’édifice laisse supposer qu’il n’a pas toujours été une simple chapelle cémétériale isolée dans la campagne. Ce qui tiendrait d’ailleurs à prouver un compoix (cadastre rudimentaire avec description, arpentage et estimation de toutes les parcelles, dans les régions françaises de la langue d’occitane) du XVIII siècle qui mentionne « Notre Dame de Colombiez, ancienne église paroissiale, son parvis, son cimetière et les cazals (bâtiments ruinés) de l’ancienne maison presbytériale ».

Longtemps abandonné, celui-ci, qui était en instance de classement depuis 1907, n’a été classé monument historique qu’en 1950; il bénéficie, depuis cette protection légale, de la sollicitude de la commune de Montbrun dont il est le plus bel ornement. En 1952 une première campagne de restauration a concerné le clocher qui menaçait de s’effondrer ; depuis 1963 la façade occidentale, déjà très remaniée au XIX siècle, présente des signes inquiétants de désordre. L’ensemble du monument mériterait une restauration complète.


Abside, Nef et clocher-Porche vue Sud-Ouest de la chapelle

L’église paroissiale de Montbrun est un très bel édifice qui s’inscrit dans la lignée des églises du « premier art roman méridional » nombreuses dans la région, et dont elle constitue par sa structure et sa décoration un spécimen très représentatif.



Son plan, à nef unique avec transept très saillant, est toutefois assez exceptionnel dans la région, surtout pour un édifice de cette taille ; on ne le retrouve, sous une forme plus développée, qu’aux abbatiales de Lagrasse (Aude) et de Quarante (Hérault). 


Une abside semi-circulaire voûtée en cul-de-four qui se greffe directement sur la croisée du transept, ses trois fenêtres à l’embrasement marqué possèdent le double clavage lombard caractéristique.

Petite chapelle

Font baptismale




L’édifice se compose d’une nef relativement large près de 7 mètres, divisée en trois travées par de lourds piliers rectangulaires engagés dans les murs. 
A la chapelle du XI siècle le portail avec le clocher a été construit au XII siècle. La porte d'entrée d'origine est briquée.  En ce moment s'y trouve un groupe de statues du Christ crucifié, Marie sa mère, et Jean l'apôtre-évangéliste.

 



A l'époque Gothique, mais tardivement, la travée médiane de la nef a été flanqué au Nord d'une petite chapelle carrée, voûtée d'ogives, et au Sud d'un clocher - porche massif, aux allures de tour de défense. Ces adjonctions un peu pesantes n'ont pas été sans nuire à la stabilité du monument, et ont pu contribuer à l'effondrement de ses voûtes.  L'exterieur, en particulier le chevet dans son cadre de vieux cyprès, est sans conteste la partie la plus séduisante et la mieux conservée de l'édifice, avec son admirable parure de bandes lombardes qui se développent ici, non seulement sur l'abside, mais sur la totalité du transept.



La construction du chevet, qui parait de prime abord homogène, présente, en réalité si l'on examine attentivement, deux types d'appareil, selon une disposition qui se retrouve également à la chapelle de Saint Germain de Cesseras. Toute la base du monument, lésines et contreforts compris, jusqu'à une hauteur de 2,50 mètre, est construite en petits appareil allongés, aux assises très régulièrement à joints larges, taillées dans un gré lutéine foncé, avec de nombreux trousse boulins aux espacements réguliers. 




Les lésines qui s'appliquent sur l'abside et les croisillons du transept, dans cette partie inférieure des murs, sont très larges et construites dans le même appareil, comme il est de règle au début de l'art lombard. Dessus d'un niveau marqué par la base des fenêtres de l'abside, l'appareil change brusquement et uniformément sur tout le périmètre. Les murs sons alors montés en appareil moyen, irrégulier, aux assises inégales; les moellons sont taillés sommairement dans un matériau disparate et bigarré, des gréés lutéine, de calcaire clair et de tuf (le turret).

Source: http://www.montbrun-des-corbieres.fr/media/notre_dame_de_colombier__071474100_1555_06052013.pdf, merci à Jacques et Sylvie Bacou à Montbrun-des-Corbières pour quelques documents complémentaires

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